Franta

Franta, peintre et sculpteur Français de renommée internationale, est né en 1930, en Tchécoslovaquie.

Après des études aux Beaux Arts de Prague, il fuit son pays en 1958 pour vivre et travailler en France. Franta parcourt l’Europe, puis séjourne en Inde, Japon, Mexique, Etats Unis et surtout en Afrique.  L’humanité est au centre de son œuvre, l’impulsion de son geste créateur. La condition humaine est le « tourment majeur de Franta », selon l’expression de Thomas M. Messer, directeur du Musée Guggenheim de New York. Les chocs émotionnels et visuels qui jalonnent son itinérance en Afrique l’ont amené à rompre avec la thématique du désespoir abordée jusque là, celle de l’Homme torturé par les technostructures bureaucratiques de notre monde moderne.  Son trait, en perpétuel mouvement, si vivant, si intense célèbre alors la vie, la joie des corps. Trait qui cisèle, dissèque les corps et les émotions et traduit sa propre force énergétique. Franta repousse les limites du corps et met violemment à nu, la partie la plus intime de l’être, son essence, son âme, nous mettant face à une réalité dure à reconnaître quelques fois, nous obligeant à l’introspection et la remise en question. Par delà le constat implacable de notre condition, c’est aussi un regard empreint de compassion, de générosité qu’il nous fait partager ; une vision des autres, de leurs souffrances, leurs errances, à travers le filtre de son propre parcours.

C’est dans cette dualité d’ombre et de lumière, de mort et d’hymne à la vie que l’oeuvre de Franta s’inscrit.

« Une définition possible de l’humain sur fond d’inhumanité »

La condition humaine est le tourment majeur de Franta. Son imagerie explicite donne à voir une anatomie mutilée, sanglante et fragmentée à la merci des contraintes douloureuses d’un environnement mécanisé. La chair torturée obsède l’art de Franta, réapparaissant sans cesse et ne nous permettant jamais  d’oublier l’origine psychique de sa peinture. Dans le même temps, ce qui résulte de la dichotomie produite entre le mou et le dur, l’organique et le fabriqué et les colorations en demi-teinte ou évidentes crée un vocabulaire d ‘expression formelle. Il serait difficile et sans doute inutile dans le cas de Franta de chercher à dissocier le chevauchement de la mémoire et de l’observation, de l’interprétation et de l’expression, des fantasmes et des symboles. Tous ces éléments se retrouvent dans son œuvre en des manifestations simultanées. Tous contribuent à cette quête du réel, à ce besoin de réponses aux vastes questions que son intuition et sa sensibilité au monde lui imposent.

Cette exigence de l’artiste est déjà totalement évidente dans ses premières expositions, dans sa Tchécoslovaquie natale et plus tard en Italie. Lorsqu’il s’installe en France, avant d’avoir atteint trente ans, Franta a cerné les questions centrales qui allaient sous-entendre son Art. Consciemment ou non peindre devient presque une volonté messianique qui lui permet de réduire cette sensation d’oppression qu’apporte inévitablement la connaissance du mal. Il est difficile de séparer de telles prémisses, des tragédies politiques de son temps. Et pourtant rien dans l’art de Franta ne prête à des interprétations mécaniques, à des références précises.

Tandis que le développement de sa création atteste de sa grande indépendance, ses œuvres évoquent les toiles de Goya, Rouault, Kokoschka, Soutine, et Bacon entre autres. Ces artistes font de la figure humaine l’expression dominante de leur désir créateur et de sa déformation et mutation l’outil principal de la représentation du sort humain. Plus encore, tous sont parvenus à sentir la tension entre un sens aigu de la douleur et de son adoucissement par leur poursuite de la perfection artistique. Une telle tension, essentiellement entre les expériences dissonantes et leur résolution par la forme ne peut qu’aiguiser notre perception esthétique, tout en atténuant les racines que l’art tire du mal de vivre. L’art de Franta est dans une phase décisive. Ses derniers travaux laissent augurer l’émergence d’un nouvel équilibre.

Thomas M. Messer

Director, The Solomon R. Guggenheim Museum

New York, September 1986

Franta is an internationally renowned French artist and sculptor, born in Czechoslovakia in 1930. He studied at the Prague School of Fine Arts before fleeing his homeland in 1958 to live and work in France. He has travelled all over Europe and spent time in India, Japan, Mexico, the United States, and above all Africa. Humanity is at the heart of his work, driving his creative output. The human condition has long tormented him. The emotional and visual shocks he experienced during his travels in Africa led him to break with the theme of despair that had hitherto been a prominent feature of his work – the despair of men tortured by the bureaucratic technostructures of the modern age.  The lines of his art – perpetually swooping, intense and alive – began instead to celebrate life and the joy of physicality, incising and dissecting bodies and emotions and translating his own vital energy.  Franta expands the limits of the body, laying himself violently bare and displaying his innermost being, his essence,and soul, thereby forcing the viewer to confront reality in a way that is sometimes hard to acknowledge and to engage in introspective self-questioning.  Beyond his clear-eyed diagnosis of the human condition, his work is also suffused with compassion and generosity, transmitted to the viewer through a vision of others and their suffering and rootlessness, through the filter of his own life experiences.

Franta’s Artwork as a whole is framed in terms of this duality of light and shade: it is redolent with death and at the same time a paean to life.

“One possible definition of what it means to be human, against a backdrop of inhumanity”.

One man shows in Museums : PARIS , Musée Galliera / NICE, Centre National d’Art Contemporain – Villa Arson / ANTIBES, Musée Picasso / MENTON, Musée de la Ville CANNES, Musée de la Castre / DUNKERQUE, Musée d’art contemporain / GRENOBLE, Musée de la Peinture / GRENOBLE – LA TRONCHE, Musée Hébert / NICE, Musée d’art moderne et contemporain / MENTON, Palais de l’Europe / BEZIERS, Musée Riquet / MONTBARD, Musée-site Buffon / CAGNES- SUR-MER, Musée-Château Grimaldi.

In Germany: BOCHUM, Kunst Museum / DETMOLD, Lippische Gesselschaft fur Kunst.

In Czech Republic : PRAGUE, Musée Tchèque d’arts plastiques / TREBIC, Malovany dum CESKY KRUMLOV, Egon Schiele Art Centrum / BRNO, Musée de la Ville – Spilberk PRAGUE, Museum KAMPA / PRAGUE, Nova Sin.

In USA: NEW YORK- BRONX, Bronx Museum of Art / MILWAUKEE. WI, Haggerty Museum of Arts.

One man shows in galleries: PARIS, GRENOBLE, CANNES, NICE, BORDEAUX, LYON, MILAN, LILLE, DUSSELDORF, KIEL, LONDRES, NEW YORK. NY, SAN FRANCISCO.C, W ASHINGTON.DC, PRAGUE, BRNO, ZURICH, TOKYO, COPENHAGUE.

Participations to : Biennale de Paris / Biennale de Menton / Mythologies quotidiennes / Jeune Peinture, Paris / Salon de Mai / FIAC 77 / Grands et Jeunes d’aujourd’hui / Comparaison / Figuration critique.

Franta is agonizingly concerned about the human condition. His explicit imagery of a maimed, bloodied and fragmented anatomy remains at the mercy of painful constraints imposed by a mechanistic environment. The tortured flesh of Franta’s art is compulsive, reappearing in countless variations, never allowing us to forget the psychic origins of his art. Simultaneously, the resulting

dichotomy between the soft and the hard, between the organic and the fabricated, and between the coloristically muted and explicit, creates an appropriate formal vocabulary. As a result, it is difficult and perhaps unprofitable in Franta’s case to distinguish between his overlapping observations and memories, his renderings and expressions, his fantasies and symbols. All find simultaneous manifestations in Franta’s art.

And all contribute to his search for reality that begs for answers to the large questions that his insights and vulnerabilities have urged upon him.

The artist’s needs are already fully in evidence in the early exhibitions in his native Czechoslovakia and later in Italy. By the time he settled down in France, still in his twenties, Franta had located the central issues upon which his art was to be based.

Consciously or not, painting took on an ameliorative, almost messianic purpose which also allowed him to reduce the sense of oppressiveness that a knowledge of evil inevitably brings about. It is difficult to divorce such points of departure from the political tragedies of Franta’s time and place. Yet nothing he reveals as an artist allows narrow interpretations or explicit references.

While Franta’s development renders proof of considerable independence, his work brings to mind the painting of Goya, Rouault, Kokoschka, Soutine, Bacon and others.

These artists depict the human figure as the central carrier of their creative intention and the figure’s deformation and mutilation as the prime conveyor of the human predicament. More important, they all have come to feel the tension between an accurate sense of pain and its alleviation through a developing perfection of their art. Such tension, essentially between the dissonance of experience and the resolution of form, moves us toward esthetic perception while attenuating the roots of art in the malaise of life. Thus,

Franta’s art is in a decisive stage.

His latest work gives auspicious promise of a newly emerging equilibrium.

Thomas M. Messer

Director, The Solomon R Guggenheim Museum

NewYork, September 1986

Monographies :

FRANTA / par Bernard NOEL, Editions MAGE Publisher Inc , Washington DC, 1987 avec le concours du Ministère de la Culture( FIACRE).

FRANTA / par Evelyne ARTAUD, Editions Cercle d’Art, Paris 2001 – Collection Le Pré.

FRANTA / par Jean-Luc CHALUMEAU, Editions Somogy, Paris 2009. FRANTA / par Jan KRIZ, Editions GALLERY, Prague 2009.


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