Shadow’s invocation 1

Jeff Bertoncino

Les peintures de Bertoncino sont des énigmes visuelles subtiles qui mystifient, défient et stupéfient ceux qui les regardent. C’est une silhouette humaine, à peine esquissée, occupant habituellement le centre d’un ravissant arrière-plan luminescent, qui concentre toute l’attention de l’observateur et l’ambiguïté qui domine la peinture. C’est donc l’énigme éternelle de la vie, de l’homme, qui est présentée. En réfléchissant à toutes les réponses possibles à cette énigme, nous en apprenons non seulement sur la peinture mais aussi sur nous-mêmes. Au premier regard, nous sommes émerveillés par la luminescence que l’artiste a créée pour l’arrière-plan en appliquant des couches successives de variations différentes d’une seule couleur. La luminosité est captivante et vive, jamais aveuglante ni dominatrice. En fait, la couleur fait de la peinture un monde unique. Maître de la patience et de la couleur, Bertoncino applique lui-même une incroyable diversité de couleurs, en préservant toujours cette luminosité vibrante qui lui est propre. Au centre de cette luminosité enchanteresse, l’artiste dessine très souvent une seule silhouette humaine sereine, d’une simple ligne délicate qui esquisse à peine le corps. On assiste souvent, également, à une dérivation de l’image de base : une autre silhouette, mais de moindre importance, sur ou à proximité de la silhouette principale ; un bras ou une jambe supplémentaire qui dépasse de la silhouette principale. Parfois, également, la tête se transforme en solide tandis que le reste du corps est une représentation linéaire. Ces peintures sont des palimpsestes contemporains. Dans les monastères médiévaux, les scribes écrivaient sur un vélin précieux, des peaux qui avaient subi un traitement particulier. D’autres moines, appelés enlumineurs, peignaient et dessinaient toutes sortes de belles images pour glorifier les mots. En raison de la cherté du vélin, les moines devaient souvent effacer les mots et les images en grattant le vélin, et réutiliser la page ; c’était souvent le cas, en particulier avec les vieux manuscrits dont le thème n’était plus en vogue. Cependant, certains mots ou images n’étaient pas complètement effacés, et une feuille de vélin fortement usagée présentait souvent des traces d’écriture et d’imagerie d’un travail précédent. Ces pages étaient appelées des palimpsestes. Les peintures de Bertoncino, avec leurs multiples couches, leur imagerie partielle et leurs étranges juxtapositions, s’apparentent aux manuscrits médiévaux ainsi qu’au surréalisme contemporain. Ne confondons pas le surréalisme de Bertoncino avec l’expertise de Salvador Dali ou la sentimentalité de Walt Disney : Le surréalisme de Bertoncino présente plutôt une imagerie humaine simplifiée et très abstraite dans des distorsions et juxtapositions étranges. Le monde de Bertoncino est un monde de concepts mythiques, d’idées qui nous raillent et nous hantent car, quels que soient nos efforts, nous ne parvenons pas à résoudre l’énigme ultime. L’observation des peintures de Bertoncino est une expérience de vie valorisante. Nous sommes contraints de raisonner, de revenir à la genèse et de regarder vers l’éternité. L’incroyable beauté des idées, de la couleur et de l’imagerie, nous est donnée dans des peintures d’une rare distinction. Rudy Turk Directeur Émerite Arizona State University Bertoncino’s paintings are subtle visual enigmas that mystify, challenge and amaze the viewers. Usually centered on a lovely luminescent background is an elegant, only partially drawn, human figure that is the focus of the viewer’s attention and the ambiguity that dominates the painting. Thus it is the everlasting enigma of life, of man, that is presented. As we ponder the many possible answers for the enigma, we learn not only about the painting, but of ourselves. From the first glance we are enchanted by the luminescence the artist has created for the background by applying layer upon layer of different variations of a single color. This luminosity is gently demanding and lively, never glaring or dominating. In effect the color establishes the painting as a unique world. A master of patience, as well as of color, Bertoncino applies himself to a tremendous variety of colors, always preserving his exciting, signature luminosity. At the center of this enchanting luminosity the artist very often draws a single serene human figure, using a simple delicate line that just barely defines the body. Often, also, there is some derivation from the basic image: another, but lesser, figure imposed upon or near the main figure; an extra arm or leg jutting away from the main figure. Sometimes, also, the head becomes solid while the rest of the body is a linear presentation. These paintings are contemporary palimpsests. In medieval monasteries scribes wrote on precious vellum, animal skins that had been especially treated. Other monks, called illuminators, painted and drew all types of beautiful images to glorify the words. As vellum was expensive, the monks often had to scrape the words and images off the vellum and reuse the page; this happened often, especially to old manuscripts whose subjects matter was out of favor. Nevertheless, some words and images never were completely eradicated and a much used sheet of vellum often showed traces of writing and imagery from previous work. Those pages were called palimpsests. Bertoncino’s paintings, with its overlays, partial imagery and strange juxtapositions are akin to the medieval manuscripts as well as the contemporary surrealism. Let us not confuse Bertoncino’s surrealism with the punditry of Salvador Dali or the sentimentality of Walt Disney: Rather Bertoncino’s surrealism presents simplified, very abstracted, human imagery in strange distortions and juxtapositions. Bertoncino’s world is one of mythic concepts, ideas that taunt and haunt us because, try as we might, we can not solve the ultimate enigma. Viewing Bertoncino’s paintings is a life-enhancing experience. We are forced to reason, to look back to genesis and forward to eternity. The incredible beauty of ideas, color and imagery is given to us in paintings of rare distinction. Rudy Turk Director Emeritus Arizona State University

Shadow’s invocation 1

Jeff Bertoncino

Les peintures de Bertoncino sont des énigmes visuelles subtiles qui mystifient, défient et stupéfient ceux qui les regardent. C’est une silhouette humaine, à peine esquissée, occupant habituellement le centre d’un ravissant arrière-plan luminescent, qui concentre toute l’attention de l’observateur et l’ambiguïté qui domine la peinture. C’est donc l’énigme éternelle de la vie, de l’homme, qui est présentée. En réfléchissant à toutes les réponses possibles à cette énigme, nous en apprenons non seulement sur la peinture mais aussi sur nous-mêmes. Au premier regard, nous sommes émerveillés par la luminescence que l’artiste a créée pour l’arrière-plan en appliquant des couches successives de variations différentes d’une seule couleur. La luminosité est captivante et vive, jamais aveuglante ni dominatrice. En fait, la couleur fait de la peinture un monde unique. Maître de la patience et de la couleur, Bertoncino applique lui-même une incroyable diversité de couleurs, en préservant toujours cette luminosité vibrante qui lui est propre. Au centre de cette luminosité enchanteresse, l’artiste dessine très souvent une seule silhouette humaine sereine, d’une simple ligne délicate qui esquisse à peine le corps. On assiste souvent, également, à une dérivation de l’image de base : une autre silhouette, mais de moindre importance, sur ou à proximité de la silhouette principale ; un bras ou une jambe supplémentaire qui dépasse de la silhouette principale. Parfois, également, la tête se transforme en solide tandis que le reste du corps est une représentation linéaire. Ces peintures sont des palimpsestes contemporains. Dans les monastères médiévaux, les scribes écrivaient sur un vélin précieux, des peaux qui avaient subi un traitement particulier. D’autres moines, appelés enlumineurs, peignaient et dessinaient toutes sortes de belles images pour glorifier les mots. En raison de la cherté du vélin, les moines devaient souvent effacer les mots et les images en grattant le vélin, et réutiliser la page ; c’était souvent le cas, en particulier avec les vieux manuscrits dont le thème n’était plus en vogue. Cependant, certains mots ou images n’étaient pas complètement effacés, et une feuille de vélin fortement usagée présentait souvent des traces d’écriture et d’imagerie d’un travail précédent. Ces pages étaient appelées des palimpsestes. Les peintures de Bertoncino, avec leurs multiples couches, leur imagerie partielle et leurs étranges juxtapositions, s’apparentent aux manuscrits médiévaux ainsi qu’au surréalisme contemporain. Ne confondons pas le surréalisme de Bertoncino avec l’expertise de Salvador Dali ou la sentimentalité de Walt Disney : Le surréalisme de Bertoncino présente plutôt une imagerie humaine simplifiée et très abstraite dans des distorsions et juxtapositions étranges. Le monde de Bertoncino est un monde de concepts mythiques, d’idées qui nous raillent et nous hantent car, quels que soient nos efforts, nous ne parvenons pas à résoudre l’énigme ultime. L’observation des peintures de Bertoncino est une expérience de vie valorisante. Nous sommes contraints de raisonner, de revenir à la genèse et de regarder vers l’éternité. L’incroyable beauté des idées, de la couleur et de l’imagerie, nous est donnée dans des peintures d’une rare distinction. Rudy Turk Directeur Émerite Arizona State University Bertoncino’s paintings are subtle visual enigmas that mystify, challenge and amaze the viewers. Usually centered on a lovely luminescent background is an elegant, only partially drawn, human figure that is the focus of the viewer’s attention and the ambiguity that dominates the painting. Thus it is the everlasting enigma of life, of man, that is presented. As we ponder the many possible answers for the enigma, we learn not only about the painting, but of ourselves. From the first glance we are enchanted by the luminescence the artist has created for the background by applying layer upon layer of different variations of a single color. This luminosity is gently demanding and lively, never glaring or dominating. In effect the color establishes the painting as a unique world. A master of patience, as well as of color, Bertoncino applies himself to a tremendous variety of colors, always preserving his exciting, signature luminosity. At the center of this enchanting luminosity the artist very often draws a single serene human figure, using a simple delicate line that just barely defines the body. Often, also, there is some derivation from the basic image: another, but lesser, figure imposed upon or near the main figure; an extra arm or leg jutting away from the main figure. Sometimes, also, the head becomes solid while the rest of the body is a linear presentation. These paintings are contemporary palimpsests. In medieval monasteries scribes wrote on precious vellum, animal skins that had been especially treated. Other monks, called illuminators, painted and drew all types of beautiful images to glorify the words. As vellum was expensive, the monks often had to scrape the words and images off the vellum and reuse the page; this happened often, especially to old manuscripts whose subjects matter was out of favor. Nevertheless, some words and images never were completely eradicated and a much used sheet of vellum often showed traces of writing and imagery from previous work. Those pages were called palimpsests. Bertoncino’s paintings, with its overlays, partial imagery and strange juxtapositions are akin to the medieval manuscripts as well as the contemporary surrealism. Let us not confuse Bertoncino’s surrealism with the punditry of Salvador Dali or the sentimentality of Walt Disney: Rather Bertoncino’s surrealism presents simplified, very abstracted, human imagery in strange distortions and juxtapositions. Bertoncino’s world is one of mythic concepts, ideas that taunt and haunt us because, try as we might, we can not solve the ultimate enigma. Viewing Bertoncino’s paintings is a life-enhancing experience. We are forced to reason, to look back to genesis and forward to eternity. The incredible beauty of ideas, color and imagery is given to us in paintings of rare distinction. Rudy Turk Director Emeritus Arizona State University